Calmez-vous, le monde « gueule » déjà assez ! » Trois Momes Editions

Calmez-vous, le monde « gueule » déjà assez !

Mise en ligne 19 Janvier 2011
Mes souvenirs d’écoles

Calmez-vous, le monde « gueule » déjà assez !

On était une bande de copains qui devaient organiser une sortie à la fin de la semaine. Les parents étaient d’accord pour ces quelques heures passées entre copains. Nicolas devait amener à boire, Thomas et Yoyo s’étaient proposés pour la viande, et moi, Jojo, je devais apporter du pain et du fromage. Au dernier moment, un message sur mon répondeur annonça que Valentin et Seb se joindraient à nous. Qu’est-ce qu’on allait bien pouvoir faire ? Il n’y avait pas assez de places dans la voiture. Je n’osais pas avouer aux copains que c’était moi qui avais contacté Valentin qui, à son tour, avait pensé à Seb. Le matin même, avant notre départ, tout le monde se crêpait le chignon en se faisant la tête. Certains pensaient avoir davantage mérité leur place dans l’aventure, d’autant plus que chacun était persuadé qu’il avait dépensé plus que les autres. Nous étions tous les quatre à nous regarder.
– Ce n’est pas la fin du monde ! Calmez-vous, les gars, le monde gueule déjà assez, lança mon grand frère en traversant le salon, son portable à la main, contrarié.

Afin de trouver une solution, tout le monde est parti discuter dans le jardin.
– On peut très bien appeler Seb ou Valentin pour dire que c’est annulé ! proposa Nicolas. Qui est-ce qui se porte volontaire ?
Réticent, chacun se renvoyait la balle.
– Ne m’obligez pas à tirer à la courte paille, continua Nicolas.
– Je me demande qui a pu cafter ! s’exclama Yoyo, énervé.
Tous les regards se dirigèrent vers Thomas qui avait l’habitude de jouer au foot avec Valentin.
– Ce n’est pas moi ! dit-il pour sa défense.
Soudain, on entendit ma mère demander d’une voix stridente, sur le seuil de la porte-fenêtre du salon :
– Jojo, où est le téléphone ?
– Ce n’est pas moi, maman !
– Et hier soir, qui a parlé durant une heure avec Valentin ?!
– Bah ! Il est sympa ! murmurai-je, sous les regards menaçants qui voulaient tout dire, et surtout : « Traître ! »
– Qu’est-ce qui vous arrive encore ? Vous êtes longs à la détente ! Ah ! je vous jure ! s’exclama mon frère partant, en pleine forme.

Quelques minutes plus tard, Valentn et Seb arrivèrent. Dans leurs bras, une gamelle remplie de pot-au-feu, de pain, et un gâteau que la mère de Seb avait préparé. Quand nous sortîmes pour les accueillir, le père de Valentin était au volant de sa camionnette.
– Je savais que vous n’aviez pas pensé au problème du transport : je me trompe ?

Une demi-heure plus tard, tout le monde avait oublié la discussion de la matinée. Ce fut la meilleure sortie que nous ayons jamais organisée.

Fin

S. DESBOIS

Illustration : Sophie DESCLOIX