Le chien de berger et l’oie » Trois Momes Editions

Le chien de berger et l’oie

Mes souvenirs d’école

Le chien de berger et l’oie

La maîtresse avait dit de raconter une histoire sur son voisin.
Manon était ma voisine, et aussi sûrement la fille la plus douce de la classe. Au premier abord, elle avait l’air un peu naïve, mais il fallait la connaître pour savoir qu’elle était aussi aimable qu’intelligente. Elle était la première de la classe.
– Vous connaissez Manon, dis-je. Ces mauvaises notes sont au pire 15 ou 16. On se complète, elle et moi, on a toujours 20 à tous les deux.
L’autre jour, je suis rentré chez moi, et j’ai dit à ma mère, avec un air pitoyable : « Même Manon a eu une mauvaise note. » Mais ma mère s’est retournée et m’a demandé pourquoi je ne parlais jamais d’elle quand elle avait de bonnes notes. Heureusement, elle a oublié de me demander combien elle avait eu. Manon est capable de lire des livres de 500 pages. Et le pire, c’est que ça lui plaît. Pourtant, elle n’y est pas obligée.
Bref, l’autre soir, je l’ai donc invitée chez moi. Elle m’a raconté quelques souvenirs de sa mère quand elle était petite. Elle disait que chez son pépé, ils avaient un chien de berger particulièrement agressif. Ses sœurs et elle avaient l’interdiction formelle de l’approcher. Ils avaient aussi une oie, tout aussi peu fiable. Plus étrange encore, le chien de berger et l’oie s’entendaient à merveille, jusqu’au jour où le chien a tué l’oie.
Le lendemain, j’ai raconté l’histoire à ma mère. Elle a dit que même entre les méchants, il existe des degrés de force à ne pas négliger.

Fin

Ghabel